BARAGWIN 2

Je m’attends à être reçue par Ingrid mais c’est un homme âgé, élégant qui m’accueille.

 » Je suis … »

« Je sais qui vous êtes, Ingrid m’a parlé de vous . »

Il engage la conversation sur Cindy Sherman , Lee Miller, Diane Arbus et Dorothéa Lange, des photographes, femmes et américaines.

J’entre dans un salon, une sculpture de Niki de Saint Phalle , j’hallucine,  le vin rouge d’hier en est-il la cause ?

Cet homme me parle, je ne l’entends plus, où est Ingrid ?

Il me baise la main,  » je dois m’absenter » et il me remet une enveloppe ,  » nous nous reverrons . »

Ingrid arrive, elle chantonne mon prénom  » Madamé Nadiiia », mon  » i  » devient triple sur ses lèvres, c’est peut- être parce qu’elle est Brézilienne .

Elle est excessive. Elle se multiplie et démultiplie.

Qu’est ce que j’adore ça !

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BARAGWIN

Bretagne nord, la nuit, je m’enfonce dans une cour, mon intuition me guide, au fond un tripot à demi éclairé. J’entre.

Francesca Ukrainienne assise au bar lance à Ted  » petit vin rouge FOR Madame », Madame c’est moi, un petit vin rouge pour moi, merde, je déteste le pinard. Ma tête enfle, mes idées sont indistinctes. Je rigole, je baragouine avec elle, cette femme au regard égaré, généreuse, roublarde et maquillée.

Ted m’approche une tartine de pain. Je me rappelle, je suis en Bretagne, je parle avec une Ukrainienne, le « bara » et le « gwin » en moi,prennent un sens très spécial, le partage, je partage avec elle dans un langage semi codé, je me partage à elle. Ted me sert un autre verre.

 » Come on Madame with your camera ! » me dit -elle.

Je pénètre dans une chambre , deux lits,  » shoot, shoot, shoot me ». I shoot her.

Une autre femme entre à demi nue. Demain, j’ai un rendez-vous avec elle, Ingrid, chez son boss, un notable de Bretagne du nord.